Tunisie – Devant les défaillances en série du ministère de la santé, il est temps que Fakhfakh prenne les commandes des opérations‎

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La dernière qui nous est parvenue, ce samedi, de la part du ministre de la santé, a été celle d’arrêter de communiquer sur la situation de l’épidémie en Tunisie. Probablement vexé par des propos sur les médias, qui l’auraient touché, Abdellatif makki a fait savoir à travers sa page facebook qu’il en voulait à ceux qui veulent faire du buz au détriment d’une affaire de sûreté de l’Etat. Et comme par hasard, le jour même, les points de presse et, même, les communiqués du ministère concernant le point de la situation de l’épidémie ont été presque stoppés.

Or, il est inconcevable, quelles qu’en soient les raisons, que le tunisien soit privé des renseignements vitaux pour lui, comme le nombre de malades où de décès, et, surtout, leur localisation géographique. Et ce soir, s’il n’y avait pas eu l’intervention du Dr Chokri Hammouda, sur le plateau de la chaine TV nationale, où il  annoncé, au passage, les nouveaux cas d’infection, le tunisien serait resté, jusqu’à une heure tardive, à attendre les nouvelles.

Ce refus de communiquer de la part du ministère de la santé, devrait être pris à sa juste valeur, par le chef du gouvernement, qui doit y voir, un geste inacceptable de « désertion », puisqu’on parle, désormais, en termes militaires, et qu’on est en état de guerre.

Mais ce qu’il faut savoir c’est que cette attitude du ministre de la santé, n’est pas son premier « écart » dans la gestion de la crise du coronavirus. En effet, les défaillances ne cessent de se multiplier, ce qui met en péril, la santé et la survie du tunisien. Et n’en déplaise à l’Ego du ministre et à tous ceux qui sont en train d’en faire un demi-Dieu, sur les pages connues du réseau bleu, il faut bien se rendre à l’évidence, au moins, des insuffisances suivantes.

L’immense décalage entre ce qui est déclaré au ministère de la santé et ce qui existe sur la réalité du terrain. Et le chef du gouvernement a eu, pas plus tard qu’hier, un aperçu de cette situation, lors de sa visite à Sfax, où les personnels de la santé l’ont interpellé pour lui signifier qu’ils n’avaient rien obtenu des outils de travail annoncés par le ministère. Par ailleurs, et pour démontrer que la situation à Sfax n’est pas un cas isolé, ou comme certains veulent le prétendre, un caprice de la part du personnel soignant, il faut attirer l’attention sur le fait qu’une commission du ministère de la santé s’est rendue, ce samedi, à Djerba et aurait déploré que l’hôpital de l’île n’était pas du tout préparé à affronter l’épidémie.

Il y a, ensuite, le flou qui entoure l’usage des fonds collectés à partir des dons, puisque malgré les dizaines de milliards collectés, aucun plus n’a été enregistré au niveau des établissements de santé. Mais au contraire, les médecins et personnels de la santé ne cessent pas, en désespoir de cause, de solliciter des dons qui leurs soient adressés directement. C’est dire que la confiance règne. Or le chef du gouvernement l’a bien signifié. Il voulait une transparence totale et absolue à ce sujet.

Et, enfin, il y a cette politique de communication adoptée par le ministère qui a le tort d’augmenter à l’angoisse et à la dépression qui frappe le tunisien. Et à propos de dépression, force est de constater que le ministère n’a accordé aucune attention à l’aide et au soutien psychologiques, pour le personnel soignant qui est au bord de l’usure, alors que la guerre n’a pas encore commencé, ni pour les citoyens qui sont de plus en plus affolés.

Sans oublier, d’un autre côté, qu’on ne dispose d’aucune évaluation objective de la stratégie adoptée par l’équipe du ministère de la santé, dans cette gestion de crise. On ne sait pas, n’étant pas spécialistes, si la stratégie adoptée pour les dépistages était la meilleure stratégie à suivre, ou si elle n’est pas motivée par des contraintes budgétaires qu’on pourrait, le cas échéant, dépasser. Et on ne sait pas quelle stratégie thérapeutique va être adoptée, et si on allait suivre les expériences chinoise et française, ou si on allait se soumettre aux pressions des industries pharmaceutiques, comme le dénoncent les communautés médicales dans ces pays.

Au total, et pour toutes ces raisons, et plus encore, il devient impératif que le chef du gouvernement prenne, effectivement, la direction des opérations. Il a déjà mis en place la commission nationale qui lui permettra de le faire. Il lui reste à centraliser la gestion des finances de la campagne, et de la communication ; moyen de lutte primordial en cette période. Et, par ailleurs, çà ne ferait de mal à personne si le chef de l’Etat met en place un comité scientifique d’experts, et la Tunisie n’en manque pas, pour faire une évaluation de la stratégie adoptée jusqu’à maintenant, en s’aidant des expériences des autres pays, pour apprendre d’eux les points positifs à renforcer, et les erreurs à éviter. Sachant que nos experts pourront s’aider du réseau mondial des observatoires de maladies émergentes qui dispose d’une inépuisable base de données, qu’il serait utile d’exploiter.

Au final, le ministère de la santé deviendra un acteur parmi les acteurs de cette campagne, peut-être le plus important. Mais, toutes les actions et les décisions devraient être centralisées. D’ailleurs çà ne pourrait que décharger le ministre de la santé et ses collaborateurs du poids énorme de la responsabilité qu’ils sont en train de supporter.

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tunisienumerique

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