[OPINION] Assemblée : Quand 1 et 1 valent 215 !‎

On a failli avoir un sourd et un myope Ă  la tĂŞte du gouvernement. Car Habib Jemli, pour ne pas le nommer, avait indiquĂ© n’avoir pas trouvĂ© –sur le marchĂ©- de compĂ©tences fĂ©minines. Or, lors des discus…

On a failli avoir un sourd et un myope à la tête du gouvernement. Car Habib Jemli, pour ne pas le nommer, avait indiqué n’avoir pas trouvé –sur le marché- de compétences féminines. Or, lors des discussions sur le vote de confiance à son gouvernement à l’ARP, deux interventions, deux femmes, ont particulièrement pesé sur la balance.

Beaucoup de Tunisiens ont dit un grand merci Ă  Abir Moussi et Samia Abbou. PrĂ©cisons au passage pour les lecteurs Ă©trangers -non arabes et non musulmans- de WMC, qu’il s’agit de deux prĂ©noms de femme (ABIR et SAMIA).

Sans doute certains d’entre vous se posent la question de savoir comment 1+1 font 215. Je vous donne tout de suite la réponse.

L’Assemblée des représentants du peuple, autrement dit le Parlement tunisien, compte 217 députés. Les 1+1, c’est Mme Moussi et Mme Abbou, et ça fait deux (2), qu’on ajoute aux 215 députés restants, et on aura notre total de 217.

Par force d’arguments, ces deux dames, doublées d’un caractère d’hommes, ont réussi l’“exploit“ de démontrer par A+B que Habib Jemli n’a pas pu former un «gouvernement de compétences nationales indépendantes». C’est même le contraire : avec une équipe, non pardon un effectif de 42 membres, certains des véritables “partisans“, d’autres des compétences douteuses, la plupart des ministres et secrétaires d’Etat désignés ne semblent pas répondre aux conditions que Jemli lui-même a fixés, à savoir compétence et indépendance.

Par ailleurs, une fois n’est pas coutume, tirons un coup de chapeau à Nabil Karoui et son parti Qalb Tounes qui ont fait ce qu’ils ont dit : “nous ne voterons pas pour le gouvernement de Jemli composé essentiellement de nahdhaouis“. Mais personne ne les croyait en vérité, Karoui et son parti, tant ils nous ont habitués à faire le contraire de ce qu’ils déclarent publiquement.

Alors, cet échec cuisant est évidemment partagé entre Jemli et Ennahdha. Car, il (Jemli) aurait pu se poser une simple question dès le départ avant d’accepter : «diable, pourquoi Ennahdha a dépoussiéré les archives pour me trouver alors qu’il existe d’autres personnes, d’autres profils visibles et disponibles, à désigner comme chef de gouvernement ?». Mais non, au lieu de ça, il a foncé tête baissée… Résultat des courses : une humiliation de bout en bout. Puisque Rached Ghannouchi et ses troupes sont allés chercher quelqu’un d’inconnu de la scène publique, c’est à dessein qui n’est certainement pas pour le bien de la Tunisie. Loin s’en faut.

La Tunisie mĂ©ritait mieux que ce gouvernement proposĂ© par Habib Jemli. Mais ce qui faisait mal dans cette “équipe“, c’est qu’elle contenait de compĂ©tences rĂ©elles –peu importe qu’elles soient indĂ©pendantes ou non. Du reste, ces dernières n’auraient mĂŞme pas dĂ» accepter d’être dedans. D’hommage, car il sera difficile au prochain chef de gouvernement de faire appelle Ă  eux!

Alors disons un grand bravo à celles et ceux qui ont contribué à cette mascarade de gouvernement de “compétences indépendantes“.

Monsieur le président de la République, de grâce, tirez les leçons de cet échec cuisant de Jemli et Ennahdha en nous proposant un réel “homme d’Etat“ comme futur président du futur gouvernement pour la Tunisie et les Tunisiens. Quitte à désavouer vos conseillers (si vous en avez) !

TB

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