Industrie aéronautique : « Résister en diversifiant les clients et les niches », estime Ali Chelbi‎

La pandĂ©mie de Covid-19 a durement frappĂ© l’écosystème de l’aviation. Au plus fort de la crise en 2020, le nombre de vols internationaux avait chutĂ© de près de 80%. Constructeurs aĂ©ronautiques, compag…

La pandémie de Covid-19 a durement frappé l’écosystème de l’aviation. Au plus fort de la crise en 2020, le nombre de vols internationaux avait chuté de près de 80%. Constructeurs aéronautiques, compagnies aériennes, aéroports et tous ceux qui opèrent dans l’industrie du tourisme et des voyages ont été gravement touchés. 

Grâce à la découverte du vaccin, nous voyons apparaître une lueur d’espoir pour une reprise même si la relance représente un défi sérieux pour les supply chain des grands donneurs d’ordre de l’industrie aéronautique à l’international.

En Tunisie, le secteur de la construction aéronautique résiste et s’adapte, et certains opérateurs ont identifié quelques pistes.

Le point avec Ali Chelbi, directeur gĂ©nĂ©ral du bureau de consulting “ACC”  et consultant en stratĂ©gie et Ă©valuation de politiques publiques et de programmes dont le bureau, a rĂ©alisĂ© l’annĂ©e dernière une Ă©tude sur le secteur de l’aĂ©ronautique en Tunisie.

WMC : L’Ă©tude que vous avez rĂ©alisĂ©e n’avait pas prĂ©vu un grand impondĂ©rable, la pandĂ©mie Covid-19 qui a portĂ© un coup fatal au secteur de l’aĂ©ronautique. Quel en sera l’impact sur le site Tunisie ? 

Ali Chelbi : Il est évident que cette pandémie aura un impact sur le secteur aéronautique, comme partout dans le monde. Néanmoins, plusieurs entreprises qui opèrent en Tunisie dans ce secteur ont trouvé des pistes pour s’adapter à la situation.

Comment les industriels tunisiens pourraient-ils rĂ©sister Ă  la crise de l’aĂ©ronautique dans l’incertitude de la reprise et face Ă  un climat social dĂ©lĂ©tère ?

Les entreprises qui opèrent en Tunisie sont pour la plupart des sous-traitants : ils possèdent chacun un métier propre. Ils peuvent diversifier leurs clients soit dans des niches au sein du secteur aéronautique (exemple: petits avions professionnels…) et/ou dans d’autres secteurs.

Quelle est la meilleure stratégie à adopter pour préparer la reprise? 

Il faut mettre en place un cadre de réflexion et de décision pour leur secteur, comportant le GITAS et l’administration. Le pilotage doit être confié au GITAS. Une stratégie et une feuille de route doivent être élaborées et appliquées.

L’Etat tunisien devrait-il orienter ses efforts dans la formation d’une main-d’Ĺ“uvre qualifiĂ©e en attendant la reprise? 

Oui, la formation, notamment professionnelle, est l’un des points faibles de l’environnement industriel en Tunisie. Le GITAS s’était bien impliqué dans ce domaine il y a plus de dix ans, avec le centre de formation public d’El Mghira (CEMIA), mais l’expérience n’a pas réussi, faute d’une gouvernance appropriée de ce centre. Il faut reprendre cette question de la formation professionnelle et instaurer un modèle de partenariat public- privé dans la formation.

L’Etat doit aussi avoir une vision prospective sur les nouvelles technologies dans le secteur et lancer des programmes de formation dans ces domaines, en coopération avec les entreprises, entre autres dans les composites, l’impression 3D et l’industrie 4.0.

Quelles sont, d’après vous, les perspectives pour les 5 ans Ă  venir en ce qui concerne le secteur de l’aĂ©ronautique? 

D’après la plupart des prévisions internationales, la reprise du marché mondial sera très progressive. Comme indiqué plus haut, les entreprises tunisiennes devront tenter de diversifier leurs clients pour valoriser leur potentiel technologique.

Par ailleurs, il faut aider les entreprises à introduire les nouvelles technologies comme indiqué précédemment : l’Etat peut mettre en place un programme d’accompagnement des entreprises dans les nouvelles technologies citées (composite, impression 3D et industrie 4.0). Ceci permettra aux entreprises d’être prêtes au moment de la reprise.

L’Etat doit aussi résoudre le problème du traitement des déchets dangereux qui handicape beaucoup le secteur (les entreprises en Tunisie sont obligées d’exporter leurs déchets dangereux pour les traiter à l’étranger, ce qui a un coût important : l’Etat s’était engagé au départ que ces déchets seraient traités à Jradou, mais ceci s’est arrêté après la révolution).

Quels sont les marchés les plus importants pour la Tunisie?

Les principaux clients étaient en Europe lors du démarrage du secteur. Mais plusieurs entreprises ont commencé à se diversifier et ont touché des clients aux USA, au Canada, au Brésil.

Entretien conduit par Amel Belhadj Ali

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