Etude : Les réserves de change sont « élevées » mais pas toujours suffisantes…‎

L’Institut Tunisien de la CompĂ©titivitĂ© et des Etudes Quantitatives (ITCEQ) vient de publier une note qui a Ă©tĂ© consacrĂ©e Ă  l’adĂ©quation des rĂ©serves de change aux besoins effectifs de l’économie nati…

L’Institut Tunisien de la Compétitivité et des Etudes Quantitatives (ITCEQ) vient de publier une note qui a été consacrée à l’adéquation des réserves de change aux besoins effectifs de l’économie nationale.

L’institut a souligné dans sa note que cette adéquation est une composante essentielle de la gestion macroéconomique. Les réserves de change peuvent servir à réduire les effets des chocs aléatoires et temporaires sur la balance des paiements, afin de maintenir la parité du taux de change, à réduire leurs coûts et faciliter les ajustements face à certains chocs permanents.

Il a indiqué aussi que les réserves de change permettent aussi de limiter la volatilité du taux de change sur des marchés de change illiquides et que le rôle de l’adéquation des réserves de change, dans la réduction des effets pervers des crises de change ou des arrêts brusques (Sudden stops) des financements extérieurs, est crucial.

L’ITCEQ a en outre présenté un éclairage en annonçant que le niveau adéquat des réserves de change est apprécié en réalité à partir d’un ensemble de références mesurées et non sur la base de simples annonces d’équivalence des réserves en jours d’importations. Ainsi, lors des crises, ce niveau est évalué en se basant sur une analyse coûts-bénéfices. Trois indicateurs sont parmi les plus usuels dans l’appréciation du niveau de réserves : Le ratio réserves/importations, le ratio réserves/dette extérieure à court terme et le ratio réserves/agrégats monétaires (M2).

Cependant et bien que les indicateurs traditionnels constituent les mesures habituelles de l’adéquation des réserves, le Fonds Monétaire International (FMI) a développé, selon l’Institut, un indicateur composite qui emprunte aux trois ratios.

Ainsi, le FMI propose une nouvelle approche plus appropriée, qui prend en compte plusieurs paramètres, tels que la valeur des exportations, la dette extérieure à court terme, les autres engagements envers les non-résidents et la fuite de capitaux. Cette approche appelée la méthode ARA régime flottant, permet d’évaluer les réserves nécessaires aux besoins courants.

Le niveau optimal des rĂ©serves se dĂ©termine selon le type du rĂ©gime de change (fixe ou flottant) et Ă  partir des coefficients de pondĂ©ration fixĂ©s par des scĂ©narios faits par le FMI. Selon cette mĂ©thode, la fourchette d’adĂ©quation des rĂ©serves d’un pays doit ĂŞtre comprise entre 100% Ă  150% des rĂ©serves optimales nĂ©cessaires. La Tunisie est en dehors de cette fourchette depuis 2010. En effet, les rĂ©serves de change en Tunisie pour l’annĂ©e 2018 sont de l’ordre de 10,7 milliards de dinars, soient 48% du besoin.

Actuellement, la valeur des réserves en Tunisie est de 22084,8 millions de dinars soit l’équivalent de 156 jours d’importations contre 19526,8 millions de dinars (112 jours d’importations) le 24 février 2020. Il semble que la pandémie et le manque drastique des ressources extérieures n’ont eu aucun « effet » sur le niveau des réserves ce qui constitue un véritable « miracle » monétaire typiquement tunisien dont la recherche de l’origine dépasse toutes les normes d’évaluation retenues, à cet égard…

Néanmoins, plusieurs observateurs considèrent que le niveau actuel des réserves en devises disponibles est largement justifié par la réduction des dépenses notamment d’investissement et de l’importation, ainsi que la non-utilisation des prêts, subventions et aides que la Tunisie avait antérieurement obtenus de plusieurs fonds et banques.

On souligne, en outre, que cette réserve n’est pas garantie, d’autant plus que d’énormes dépenses sont actuellement en attente, notamment le remboursement des prêts extérieurs en plus des intérêts.

Les observateurs mettent en garde contre des risques à moyen et long terme, en rapport avec la pénurie de ressources touristiques, le manque ou plutôt l’absence des investissements étrangers, le déficit du bilan énergétique, l’arrêt de la production du phosphate et la régression du niveau de raffinage de certains carburants, sources de devises pour la Tunisie.

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tunisienumerique

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