Coronavirus et gouvernance financière : Les 8 commandements de la Banque mondiale‎

Le Coronavirus chambarde tout. Notamment la manière dont l’Etat gère les finances publiques. Conseils de 5 experts. Le Coronavirus se combat aussi sur le plan financier. Et plus prĂ©cisĂ©ment avec une g…

Le Coronavirus chambarde tout. Notamment la manière dont l’Etat gère les finances publiques. Conseils de 5 experts.

Le Coronavirus se combat aussi sur le plan financier. Et plus précisément avec une gouvernance financière adéquate se traduisant par des «mesures extraordinaires et une approche gouvernementale globale permettant de sauvegarder des vies, la santé et les moyens de subsistance», qu’impose l’évolution rapide de la pandémie. C’est le point de vue que défend la Banque mondiale sous la plume de cinq de ses experts qui ont publié un article sur le blog de la banque.

D’après eux, ces mesures, nécessitant «un programme de coordination parmi les parties prenantes, y compris les ministères de la Santé, les autorités de l’aviation civile, les ministères de l’Information, les forces de police, et les gouvernements infranationaux», doivent être prises en tenant compte des leçons apprises par les pays en développement des crises sanitaires passées (Ebola, SARS, etc.).

Ces crises, rappellent les experts, ont montré que «les exigences de redevabilité et de transparence ont besoin d’être modifiées dans les situations d’urgence, mais pas jetées aux oubliettes».

Concrètement, cela veut dire que les Systèmes de Gestion des Finances Publiques (SGFN) «ont besoin d’être réactifs et souples, tout en garantissant un bon rapport qualité-prix et en minimisant la fraude et la corruption». Ce qui implique de prendre les 8 mesures suivantes :

1- La réponse au COVID-19 doit être «rapide et claire»

Les ministères des Finances et de la Santé doivent travailler ensemble pour garantir que l’enveloppe totale –provenant d’une réallocation de ressources existantes, par un transfert ou des budgets supplémentaires, de ressources additionnelles provenant de fonds d’urgence, là où ils existent, et de dons- soit «identifiée de manière appropriée et basée sur des estimations de coût rapides».

2- Les contrôles doivent être «orientés, pas dilués», pour «déléguer l’autorité et accélérer l’implémentation»

Et là où les contrôles antérieurs sont réduits, ils doivent être remplacés par des engagements «clairs, explicites et crédibles de contrôles postérieurs».

3- Une gestion efficace de la trésorerie est cruciale

A défaut d’un compte unique de trésorerie permettant au gouvernement d’avoir une vue d’ensemble à n’importe quel moment de l’argent disponible, d’être en meilleure position pour gérer la trésorerie et garantir du cash aux opérations de COVID-19, il serait approprié que le ministère des Finances «collecte, agrège et mette en place des procédures pour transférer l’argent dans des comptes bancaires» tout en évitant de le mixer avec les fonds provenant de dons.

4- Un approvisionnement efficace et redevable est nécessaire

La réponse au COVID-19 pourrait, dans le but d’accélérer le processus, nécessiter le recours à une seule source d’approvisionnement avec des fournisseurs «connus et de confiance», et l’abandon de certaines exigences standard.

Dans pareil cas, il serait prudent d’émettre des instructions supplémentaires sur la manière de gérer le processus et de justifier cela de manière appropriée.

5- La gestion des paiements doit être optimisée

Le système habituel de facturation, de réception de biens et services, et de paiement pourrait être revu, afin d’exploiter au mieux le temps accordé par les créanciers pour effectuer les paiements. Et lorsque des avances sont exigées par les entrepreneurs ou vendeurs des limites doivent être fixées.

6- L’audit interne pourrait remplacer certains contrôles antérieurs

La fonction d’audit interne pourrait temporairement focaliser son rôle sur la conduite de vérifications postérieure de transactions.

7- Renforcer la fréquence des reporting financier pour optimiser les prises de décision

Là où des lignes de budget séparées sont créées pour le COVID-19, les normes IFRS ou des normes nationales doivent être suivies.

8- L’instance suprême d’audit doit se tenir prête

Ses auditeurs ont besoin de décider de manière indépendante de la nature, du but et de l’approche du COVID-19 et doivent conduire leur audit le plus rapidement possible après le retour de la normalité.

Synthèse de Moncef Mahroug

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